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05/05/2015

Chant d’un merle captif, de Georg Trakl

 

Truis espedal the-secret-30x30-cm.jpg

 

Truls Espadal, Le secret, Acrylics on canvas, 2010, 30x30 cm

 

 

Souffle obscur dans les branchages verts.

Des fleurettes bleues flottent autour du visage

Du solitaire, du pas doré

Mourant sous l’olivier.

S’envole, à coups d’aile, la nuit.

Si doucement saigne l’humilité,

Rosée qui goutte lentement de l’épine fleurie.
La miséricorde de bras radieux

Enveloppe un cœur qui se brise.

 

 Œuvres complètes, traduites de l’allemand par Marc Petit et Jean-Claude Schneider, Gallimard, 1972, p. 130.

 
 
 

25/10/2014

De nuit, de Georg Trakl

 

 

Antoine Wiertz Deux jeunes filles ou l belle rosine 1847.jpg

 Antoine Wiertz, 1847, la Belle Rosine

 

Le bleu de mes yeux s’est éteint dans cette nuit,
L’or rouge de mon cœur. O ! Le silence de la lampe allumée.
Ton manteau bleu enveloppa celui qui tombait.
Tes lèvres rouges scellèrent l’enténèbrement de l’ami.

Georg Trakl, Poèmes, traduits et présentés par Guillevic, éditions Obsidiane, 1986, réédité (Vingt poèmes de Georg Trakl) en 2006,  p. 35.

05/10/2014

L'automne du solitaire, de Georg Trakl

Aurel Cojan feuillage-d-automne-1997.jpg

Feuillage d'Automne d'Aurel Cojan.  

 

 

L’automne sombre s’installe plein de fruits et d’abondance,

Éclat jauni des beaux jours d’été.

Un bleu pur sort d’une enveloppe flétrie ;

Le vol des oiseaux résonne de vieilles légendes.

Le vin est pressé, la douce quiétude

Emplie par la réponse ténue à des sombres questions.

 

Et, ici et là, une croix sur la colline désolée ;

Un troupeau se perd dans la forêt rousse.

Le nuage émigre au-dessus du miroir de l’étang ;

Le geste posé du paysan se repose.

Très doucement l’aile bleue du soir touche

Un toit de paille sèche, la terre noire.

 

Bientôt des étoiles nichent dans les sourcils de l’homme las ;

Dans les chambres glacées s’installe un décret silencieux

Et des anges sortent sans bruit des yeux bleus

Des amants, dont la souffrance se fait plus douce.

Le roseau murmure ; assaut d’une peur osseuse

Quand la rosée goutte, noire, des saules dépouillés.

 

Georg Trakl, Œuvres complètes, traduites de l’allemand par Marc Petit et Jean-Claude Schneider, Gallimard, 1972, p. 107.

21/02/2013

Âme d'automne, de Georg Trakl

 

Âme d'automne,georg trakl,vert,noir,brun jaune,argent

Dans du vert, profond fauche la faux

Bleu de l'air et jaune des gerbes

Envol de voix qui se moururent

Seule s'écoule une vieille eau.

 

Le soir le noir voyage passe

Sur les brunes collines d'automne

Salut d'argent du miroir d'un étang

Lance le vautour son cri clair et dur.

 

 

Âme  d'automne (première version), Trakl, Poème 1, traduction Jacques Legrand, Flammarion, p 257

Lesser Ury, 34,9 × 49,5 cm  (1900)

15/12/2012

Sonia de Georg Trakl

Denise Eyer-Oggier 100x100cm.jpg

                  © Denise Eyer-Oggier 100x100cm 2010, Garden of full illusions III


« Le soir qui revient dans le vieux jardin ;
Vie de Sonia, bleu du silence.
Le vol lointains des migrateurs;
Arbre nu, automne et  silence.

Tournesol tendrement penché
Sur Sonia et sa blanche vie.
Plaie sanglante jamais montrée r
Éveille en les chambres la vie

Où résonnent le bleu des cloches ;
Pas de Sonia tendre silence.
Bête qui meurt salue et passe
Arbre nu, automne et  silence.

Soleil des jours anciens rayonne
Sur Sonia et ses blancs sourcils 
Neige qui humecte ses joues,
Et le fourré de ses sourcils. »

 

Trakl Poème II traduction par Jacques Legrand GF Flammarion

Denise Eyer-Oggier :

08/12/2012

Rondeau, de Georg Trakl

Denise Eyer-Oggier 100x100cm 12 avril 2012.jpg

"J'aime surtout ceux qu'il est difficile d'aimer" Léonard Valette, 100 x 100 cm, 12 avril 2012, © Denise Eyer-Oggier


Il s'est enfui l'or de nos jours,

Enfuis les bruns, les bleus du soir :

Mortes les flûtes du pastour

Enfuis les bleus, les bruns du soir

Il s'est enfui l'or de nos jours.


Trakl, Poèmes II, GF flammarion, page 67

Denise Eyer-Oggier :

04/11/2012

De nuit, de Georges Trakl

 

Le bleu de mes yeux s’est éteint dans cette nuit,
L’or rouge de mon cœur. O ! Le silence de la lampe allumée.
Ton manteau bleu enveloppa celui qui tombait.
Tes lèvres rouges scellèrent l’enténèbrement de l’ami.


Poèmes, traduits et présentés par Guillevic, éditions Obsidiane, 1986, réédité (Vingt poèmes de Georg Trakl) en 2006, p. 35.

Pastel de 1879 de Giuseppe de Nittis (1846-1884) 

23/10/2011

Le sommeil, de Georg Trakl

 

friedrich_arbre.jpg

 Malédiction sur vous, sombres poisons, 
blanc sommeil !  
Ce jardin on ne peut plus bizarre 
d’arbres crépusculaires 
pénétrés de serpent, de phalènes, 
d’araignées, de chauve-souris. 
Étranger ! Ton ombre perdue 
au soleil couchant, 
corsaire lugubre 
dans la mer saline de l’affliction. 
À l’orée de la nuit s’envolent de blancs oiseaux 
sur de croulantes villes 
d’acier.  
 
 
Entre improvisations et compassions, traduction Lionel Richard, édition bilingue, BF Éditions, 2010,

Tableau de Caspard David Friedrich, L'arbre aux corbeaux